Doubles Vies en streaming VF HDLIGHT

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Synopsis et détails

Doubles Vies
Réalisateur(s) : Olivier Assayas
Acteur(s) : Guillaume Canet, Juliette Binoche, Vincent Macaigne
Catégorie(s) : Comedie, Romance
Langue : VF

Alain, la quarantaine, dirige une célèbre maison d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème publie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé populaire et Valérie, compagne de Leonard, assiste vaillamment un homme politique. Bien qu’ils soient amis de longue date, Alain s’apprête à refuser le nouveau manuscrit de Léonard… Les relations entre les deux couples, plus entrelacées qu’il n’y paraît, vont se compliquer.

1 commentaire pour le film “Doubles Vies” :

  1. Anonyme dit :

    Le dernier-né du cinéaste français Olivier Assayas, une comédie mettant en scène Juliette Binoche et Guillaume Canet dans le monde de l’édition parisienne, est projeté à Venise avant la tournée des festivals d’automne.

    Après un détour revigorant “Kristen Stewart en Europe” (Nuages ​​de Sils Maria et Personal Shopper), Olivier Assayas, le plus agité, cosmopolite, défiant les frontières des réalisateurs français, est de retour avec un film qui, sur papier, semble être très français : une comédie d’art, d’adultère et de crises de la quarantaine dans le monde de l’édition parisien.

    Mais tandis que les personnages et le milieu de Non-Fiction (première à Venise avant de passer à Telluride, TIFF et NYFF) sont gaulois, le regard d’Assayas reste, comme toujours, tourné vers l’extérieur. L’intérêt porté par le cinéaste aux forces de la mondialisation – une ligne thématique dans un corpus qui va des exercices de genre fantaisistes aux pièces d’époque classiques – s’avère bien présent dans ce portrait plein d’esprit, plein de résonance et de perspicacité perceptible les affres d’un pays en mutation rapide.

    Comme dans plusieurs films d’Assayas, la France de la non-fiction en est une où les phrases sont parsemées de mots à la mode anglais et les émissions de télévision hyper-prêtes sont un sujet de discussion plus brûlant que le cinéma d’auteur. Le film est donc un excellent compagnon pour deux des plus grandes et dernières œuvres du réalisateur-réalisateur: Summer Hours, environ trois frères et sœurs naviguant dans un héritage prestigieux, et Clouds of Sils Maria, qui tourne autour d’une star d’âge moyen qui fait rage contre Célébrité du 21ème siècle. Chacun de ces trois films, à sa manière, explore l’impact des mutations économiques, technologiques et culturelles mondiales sur les identités françaises individuelles et collectives.

    Non-Fiction n’a ni la sublime nostalgie des heures d’été ni la somptueuse mystère des nuages. Son ton tend à la farce et le rythme est si vif que l’on pourrait rater la complexité de sa conception narrative, l’intelligence avec laquelle il dévoile ses idées et la grâce sinueuse du tournage de Assayas. Mais c’est une entrée majeure dans une carrière fascinante – un régal pour les fans du réalisateur ainsi que pour les passionnés de cinéma français en général.

    Propulsé par un quartet de superbes performances – y compris un autre tour de bijou de Juliette Binoche – Non-Fiction commence comme une étude bavarde de l’intelligentsia parisienne, puis resserre progressivement son emprise émotionnelle. Il y a des rires et même des nausées partout, bien que la comédie soit striée de désespoir et d’une grande tendresse. C’est la dernière preuve du don du réalisateur pour s’attaquer aux sujets graves avec la moindre touche; le film coule à flot, puis vous déséquilibre sous le poids de ses idées et de ses implications.

    L’histoire débute par la rencontre du célèbre éditeur Alain (Guillaume Canet) avec l’auteur Leonard Spiegel (Vincent Macaigne), dont il publie les romans depuis des années. Les deux sont des contraires de tempérament (et vestimentaires): Alain est un opérateur souriant et lisse, aux cheveux rasés et poivrés et aux vêtements chic et ajustés; Leonard est un hipster vieillissant et vieilli, dont la maladresse dissimule son mécontentement.

    Les différences entre les hommes sont également idéologiques, fournissant à Non-Fiction une tension dialectique qui se propage au-delà de la paire, attirant les personnes les plus proches d’eux. Anti-matérialiste et technophobe, Leonard se plaint de la vulgarisation de l’art du mot écrit par les blogs et les médias sociaux. Alain nourrit également des doutes quant à l’orientation de son industrie. Mais que ce soit par instinct de survie ou par conviction, il est prêt à nager avec la marée; louant Internet pour avoir élargi l’accès aux arts littéraires et leur définition même, il ressemble à un croyant.

    Les interactions d’Alain et de Léonard dans cette séquence sont un tour de force de malaise, empreintes de silences maladroits et de souffrances perçues. Mais c’est juste un réchauffement pour le résultat brutal: Pour la première fois de son histoire, Alain refuse de publier le nouveau manuscrit de Leonard.

    Ce rejet est le catalyseur de Non-Fiction, poussant les deux hommes vers des calculs professionnels et personnels, ces derniers impliquant les femmes dans leur vie. La femme d’Alain – et mère de leur jeune fils – Selena (Binoche) est une actrice mécontente qui travaille sa quatrième saison en tant que policière dans une émission de télévision populaire. Quand Alain lui dit qu’il ne publiera pas le dernier numéro de Leonard, elle se hérisse, réaction qui pourrait avoir quelque chose à voir avec le fait qu’elle et Leonard entretiennent une liaison depuis des années. Pendant ce temps, la femme de Leonard, Valerie (la voleuse de scènes Nora Hamzawi), est tellement occupée à allumer des feux pour la candidate socialiste qu’elle conseille de noter à peine la dernière situation de son mari.

    La troisième figure féminine clé est Laure (Christa Theret), une jeune entrepreneuse séduisante que Alain embauche pour diriger sa maison d’édition à l’ère numérique. Ce film étant français, elle se retrouve également dans son lit.

    C’est un peu difficile de trouver son chemin dans Non-Fiction. Dès le premier cadre, le spectateur est plongé au cœur de conversations denses, voire vertigineuses, avec des opinions contradictoires: Kindle vs livres, impression vs Web, art vs divertissement, etc. Et les personnages – avec leur expresso buvant et savourant leur vin, leurs cigarettes fumées et leurs alliances sexuelles, leurs appartements parlants et joliment décontractés débordant de livres – parfois allant de la pointe des pieds à l’insupportable. Mais Assayas est conscient de ses défauts, de ses aspirations et de ses contradictions exaspérantes. ils sont extrêmement complexes.

    Cela est dû en grande partie au manque de schématisme du scénario. Les gens de Non-Fiction ne sont pas des remplaçants symboliques; ils sont relativement dispersés, partagés entre idéaux et obligations, désirs privés et postures publiques, tradition et nouveauté. Bien qu’Alain ait un respect sincère pour la grande littérature, il est hanté par la peur d’être laissé pour compte par les innovations qui modifient son domaine. Selena est instinctive et indépendante, mais fait à plusieurs reprises des choix de l’esprit plutôt que du cœur. Leonard a clairement faim du genre de succès qu’il prétend dédaigner. L’idéalisme politique de Valerie est en contradiction avec le pragmatisme sévère qu’elle épouse dans ses relations amoureuses. Et l’ambition implacable de Laure cache une certaine sincérité, une détermination à contribuer de manière constructive.

    Le titre un peu générique du film en français, Double vies (Double vies), est donc plus approprié que son titre anglais. Tous les personnages principaux jonglent et ont du mal à réconcilier leurs vies intérieure et extérieure. Chacun est adepte de la coutume très française (je dis cela après avoir vécu en France pendant 12 ans) de dissimuler astucieusement ses véritables sentiments derrière l’ironie, l’intellectualisation et le discours vulgaire. Nous les voyons rarement baisser la garde.

    Canet (Au nom de ma fille) s’est trop souvent servi de son sourire narquois, mais il est persuasif ici en tant qu’homme dont le charme et la confiance masquent des incertitudes déchirantes. Macaigne (Eden) associe l’insécurité et l’immaturité de Léonard à un désir poignant. Et Hamzawi, une révélation, est hilarante acerbe mais perce également le personnage pervers de Valérie avec des fragments soudains de vulnérabilité.

    Sans surprise, le meilleur de tous est Binoche, qui est si douée si souvent qu’il est facile de la prendre pour acquise. L’actrice joue souvent des femmes dont les émotions explosives sont à la surface, mais Selena a des secrets et des défenses, et le génie de Binoche est ici sa capacité à nous montrer chaque fente de cette armure. (Elle obtient également certains des éléments les plus drôles; l’indignation de Selena face à l’illustration par Leonard de l’un de leurs discours dans son roman est un point fort.)

    Bien que Non-Fiction regorge de scènes de conversation de groupe – dîners, salons littéraires, etc. – la chair du film réside dans son tête-à-tête. En collaboration avec DP Yorick Le Saux, Assayas les présente principalement sous forme de combats combats / inversés, bien qu’il déplace parfois la caméra presque imperceptiblement vers le personnage parlant ou écoutant, comme si elle nous invitait à comprendre ce que ces personnes pensent réellement. Certaines scènes – comme un débat entre Alain et Selena sur le nouveau livre de Leonard – sont aussi chargées et pleines de suspense que le film d’espionnage.

    Ce qui distingue Assayas de certains de ses contemporains adorés par la critique, c’est que ses films ne sont pas simplement élégants; ils débordent d’idées. Dans Non-Fiction, comme dans une grande partie de son travail, il célèbre la France – la beauté séduisante et la richesse de sa culture – alors même qu’il la fouettait, la stimulait et la mettait au défi. Il voit la possibilité dans un monde de plus en plus interconnecté (ses propres films, avec leurs castes internationales et leur multilinguisme, sont eux-mêmes le produit de cette interconnexion). Il voit aussi la perte, l’humour et l’absurdité. La France est un pays connu pour lutter contre le changement. En tant que cinéaste, Assayas se distingue par sa capacité à rendre cette lutte si profondément humaine.